PS La Garenne Colombes HUMEUR
Cantonales Garenne Colombes Christophe Macé

 

ENTRE COMPASSION CONDESCENDANTE ET MANQUE D’AMBITIONS VOLONTARISTES


Quelle ne fut pas ma surprise durant les vacances d’hiver lorsque, accompagnant mes enfants au centre aéré, je me suis aperçu que l’aire de dépose-minute n’existait tout simplement plus.

Je me suis empressé d’appeler la mairie de notre bonne ville pour obtenir quelques explications. Et là, deuxième surprise, quand le bras droit de Monsieur le Maire, me répondit qu’ils étaient eux-mêmes très surpris et que tout cela avaient été faits sans qu’ils aient été consultés au préalable par la municipalité voisine de Bois-Colombes, soit dit en passant « amie » puisque de la même couleur politique.

En effet, celle-ci a pris un arrêté municipal autorisant le maître d’œuvre du chantier du « quartier Monceau » à purement supprimer la zone de dépose-minute, alors qu’elle avait été considérée très importante puisque garantissant la sécurité des enfants tout en permettant le flux de circulation dans la rue du Moulin Bailly dans des conditions, somme toute, pas trop mauvaises.

La mairie de Bois-Colombes a donc fait le choix de la politique du fait accompli et n’a que faire des préoccupations des Garennois quant à la sécurité de leurs enfants. Mais, au-delà, de ce cynisme, de ce double-langage qui ne me surprend pas, ce sont nos propres autorités locales qu’il faut montrer du doigt en stigmatisant une forme de dilettantisme, voire d’amateurisme. Pire, on pourrait supposer une attitude de réalisme politique liée à leur large assise électorale qui leur permet de supposer que ce genre de problème n’est qu’une anicroche qui par conséquent leur ferait craindre peu.

D’ailleurs, leur réponse est édifiante : « Nous n’y sommes pour rien ». On joue les Ponce Pilate en bottant systématiquement en touche. Concrètement le résultat, certes rapide, est la mise en place d’une zone de dépose-minute beaucoup plus loin, donc peu utile, pas pratique et inopérante, puisque des riverains ou d’autres personnes y stationnent à longueur de journée. Une deuxième zone existe depuis de l’autre côté, mais elle reste ridicule petite et sert en fait de passage pour les véhicules du chantier. Alors, pourquoi ne pas avouer tout simplement. Le pouvoir économique a pris le pas sur le politique et on ne peut rien y faire. On se fiche de nous et, véritablement, on nous ballade. Je dirais même, que cette attitude reflète finalement un manque de respect un brin condescendant résultant sans doute de la formule non moins réductrice et avilissante de « La France d’en bas ».

Seulement, il n’y a ni de Français d’en bas, ni de Français d’en haut, si ce n’est socialement, du moins face aux institutions. Rappelez-vous la devise « Liberté, égalité, fraternité ». Nous sommes en effet tous des citoyens égaux devant la loi avec des devoirs et des droits et donc des attentes. Nous espérons donc de nos élus qu’ils soient plus efficaces et appliquent un meilleur suivi des dossiers pour ne plus être « surpris » de la sorte.

On pourrait revenir sur d’autres épisodes qui montrent une certaine tendance de nos élus à traiter leurs interlocuteurs avec un peu de nonchalance et de manque de considération. Rappelons la publication dans le magazine de la ville d’une note sur l’informatique dans les écoles où la mairie fait un appel aux bonnes volontés des compétences en la matière pour monter un projet pédagogique, et précise que les associations de parents d’élèves relaieront. Or, il n’y a eu aucune concertation et aucun accord en ce sens, du moins pour ce qui concerne la FCPE.

On pourrait parler du fond de ce programme qui serait, pour des raisons juridiques et d’organisation peu viable. Mais, sur la forme cette communication fait bien apparaître le dédain, voire le mépris des autorités à l’égard des acteurs associatifs indépendants qu’elles ont tendance à considérer comme des courroies de transmissions, voire d’exécution. Il est claire que le projet est discutable dans son approche sociétale et que la méthode est plus que contestable. Impliquer les Garennois sur ce type d’initiatives, pourquoi pas, mais dans un cadre global institué avec une valeur pédagogique reconnue et applicable, et non dans un cadre de bénévolat qui, de toute façon, serait voué à l’échec à assez court terme, puisque à la merci des disponibilités et des motivations de chacun. On rétorquera alors que la logique suivie est celle de l’engagement moral des acteurs, mais la seule assurance de créer une dynamique durable est la voie du contrat. Toutefois, il semble que nos élus ne sont pas adeptes de cette vision et préfèrent réaliser des choses dans ce cadre, à moindre coût, dans un contexte déjà bien précaire en terme d’emplois (cf statut des ATSEM et employés du Calase…). On notera, d’ailleurs, que l’appel aux retraités pour assurer la sécurité à la sortie des écoles est issu de la même approche.

Il y a encore bien des dossiers en suspens et bien d’autres que l’on pourrait ouvrir (la petite enfance, le logement, l’intercommunalité, l’aménagement local et territorial, les transports…). Cependant, on distingue bien l’absence de volonté des élus de la majorité actuelle de créer du lien social dans le cadre de projets ambitieux pour l’avenir de La Garenne-Colombes. Au contraire, on voit bien la logique, toujours la même, d’une droite au conservatisme compassionnel, cela dans un cadre économique hyper-spéculatif et une société de plus en plus individualiste, dont le seul but est de garder les mieux nantis pour assurer sa pérennité aux commandes du navire.

« L’irrévérence des manants est la première vertu de la démocratie »

Section PS – La Garenne-Colombes

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