Quelle ne fut pas ma surprise durant les vacances
d’hiver lorsque, accompagnant mes enfants au centre aéré,
je me suis aperçu que l’aire de dépose-minute
n’existait tout simplement plus.
Je me suis empressé d’appeler la mairie
de notre bonne ville pour obtenir quelques explications. Et là,
deuxième surprise, quand le bras droit de Monsieur le Maire,
me répondit qu’ils étaient eux-mêmes
très surpris et que tout cela avaient été
faits sans qu’ils aient été consultés
au préalable par la municipalité voisine de Bois-Colombes,
soit dit en passant « amie » puisque de la même
couleur politique.
En effet, celle-ci a pris un arrêté
municipal autorisant le maître d’œuvre du chantier
du « quartier Monceau » à purement supprimer
la zone de dépose-minute, alors qu’elle avait été
considérée très importante puisque garantissant
la sécurité des enfants tout en permettant le flux
de circulation dans la rue du Moulin Bailly dans des conditions,
somme toute, pas trop mauvaises.
La mairie de Bois-Colombes a donc fait le choix
de la politique du fait accompli et n’a que faire des préoccupations
des Garennois quant à la sécurité de leurs
enfants. Mais, au-delà, de ce cynisme, de ce double-langage
qui ne me surprend pas, ce sont nos propres autorités locales
qu’il faut montrer du doigt en stigmatisant une forme de
dilettantisme, voire d’amateurisme. Pire, on pourrait supposer
une attitude de réalisme politique liée à
leur large assise électorale qui leur permet de supposer
que ce genre de problème n’est qu’une anicroche
qui par conséquent leur ferait craindre peu.
D’ailleurs, leur réponse est édifiante
: « Nous n’y sommes pour rien ». On joue les
Ponce Pilate en bottant systématiquement en touche. Concrètement
le résultat, certes rapide, est la mise en place d’une
zone de dépose-minute beaucoup plus loin, donc peu utile,
pas pratique et inopérante, puisque des riverains ou d’autres
personnes y stationnent à longueur de journée. Une
deuxième zone existe depuis de l’autre côté,
mais elle reste ridicule petite et sert en fait de passage pour
les véhicules du chantier. Alors, pourquoi ne pas avouer
tout simplement. Le pouvoir économique a pris le pas sur
le politique et on ne peut rien y faire. On se fiche de nous et,
véritablement, on nous ballade. Je dirais même, que
cette attitude reflète finalement un manque de respect
un brin condescendant résultant sans doute de la formule
non moins réductrice et avilissante de « La France
d’en bas ».
Seulement, il n’y a ni de Français
d’en bas, ni de Français d’en haut, si ce n’est
socialement, du moins face aux institutions. Rappelez-vous la
devise « Liberté, égalité, fraternité
». Nous sommes en effet tous des citoyens égaux devant
la loi avec des devoirs et des droits et donc des attentes. Nous
espérons donc de nos élus qu’ils soient plus
efficaces et appliquent un meilleur suivi des dossiers pour ne
plus être « surpris » de la sorte.
On pourrait revenir sur d’autres épisodes
qui montrent une certaine tendance de nos élus à
traiter leurs interlocuteurs avec un peu de nonchalance et de
manque de considération. Rappelons la publication dans
le magazine de la ville d’une note sur l’informatique
dans les écoles où la mairie fait un appel aux bonnes
volontés des compétences en la matière pour
monter un projet pédagogique, et précise que les
associations de parents d’élèves relaieront.
Or, il n’y a eu aucune concertation et aucun accord en ce
sens, du moins pour ce qui concerne la FCPE.
On pourrait parler du fond de ce programme qui
serait, pour des raisons juridiques et d’organisation peu
viable. Mais, sur la forme cette communication fait bien apparaître
le dédain, voire le mépris des autorités
à l’égard des acteurs associatifs indépendants
qu’elles ont tendance à considérer comme des
courroies de transmissions, voire d’exécution. Il
est claire que le projet est discutable dans son approche sociétale
et que la méthode est plus que contestable. Impliquer les
Garennois sur ce type d’initiatives, pourquoi pas, mais
dans un cadre global institué avec une valeur pédagogique
reconnue et applicable, et non dans un cadre de bénévolat
qui, de toute façon, serait voué à l’échec
à assez court terme, puisque à la merci des disponibilités
et des motivations de chacun. On rétorquera alors que la
logique suivie est celle de l’engagement moral des acteurs,
mais la seule assurance de créer une dynamique durable
est la voie du contrat. Toutefois, il semble que nos élus
ne sont pas adeptes de cette vision et préfèrent
réaliser des choses dans ce cadre, à moindre coût,
dans un contexte déjà bien précaire en terme
d’emplois (cf statut des ATSEM et employés du Calase…).
On notera, d’ailleurs, que l’appel aux retraités
pour assurer la sécurité à la sortie des
écoles est issu de la même approche.
Il y a encore bien des dossiers en suspens et bien
d’autres que l’on pourrait ouvrir (la petite enfance,
le logement, l’intercommunalité, l’aménagement
local et territorial, les transports…). Cependant, on distingue
bien l’absence de volonté des élus de la majorité
actuelle de créer du lien social dans le cadre de projets
ambitieux pour l’avenir de La Garenne-Colombes. Au contraire,
on voit bien la logique, toujours la même, d’une droite
au conservatisme compassionnel, cela dans un cadre économique
hyper-spéculatif et une société de plus en
plus individualiste, dont le seul but est de garder les mieux
nantis pour assurer sa pérennité aux commandes du
navire.
« L’irrévérence des manants est la
première vertu de la démocratie »